13
01
2012

Les recettes du succès de Nos Quartiers ont des Talents

Le 14 et 15 décembre dernier, l’association Nos quartiers ont des Talents (NQT) a soufflé sa sixième bougie. NQT est une association qui aide les jeunes diplômés issus de quartiers populaires à trouver un emploi. Depuis sa création, elle a intégré 10 760 jeunes dans le dispositif, dont 75% ont trouvé un emploi à la hauteur de leur qualification. NQT est un catalyseur qui permet aux jeunes d’avoir « 10 fois plus de chances de trouver un emploi ». Cette année, 3 600 jeunes sont dans le dispositif pour 3 000 parrains.

Les jeunes de quartiers ont cinq fois moins de chance d’obtenir un entretien d’embauche
L’association est née de la rencontre entre Yazid Chir (Président de Néocles) et Reynald Rimbault. Ces derniers, membres du MEDEF 93 Ouest, ont constaté que la Seine-Saint-Denis était vectrice d’un boom économique et que, paradoxalement, il y avait peu de recrutement local. Yazid Chir se souvient « qu’à l’époque où nous voulions créer NQT, l’Observatoire sur la discrimination avait sorti une étude qui stipulait que les jeunes résidents de Seine-Saint-Denis avaient cinq fois de moins de chance, par rapport à la moyenne nationale, d’avoir un entretien d’embauche ».

C’est en essayant de comprendre ce constat que les deux fondateurs ont senti la nécessité de créer une association capable de « tordre les préjugés » : d’une part, déconstruire les idées négatives qui peuvent subsister parmi certaines entreprises sur ce territoire et, d’autre part, aider les jeunes diplômés à gagner confiance en eux tout en apprenant à s’intégrer dans le monde de l’entreprise.

Le succès réside dans la prise en charge du jeune diplômé par un parrain
L’originalité de Nos Quartiers ont des Talents est qu’elle « génère des rencontres qui n’auraient pas lieu », comme nous l’explique Yazid Chir car NQT propose aux entreprises de mobiliser leurs collaborateurs pour qu’ils accompagnent les jeunes diplômés dans leur recherche d’emploi.

Dès lors la mission du « parrain » est de se rendre disponible deux heures par mois pour aider le (la) filleul(le) à connaître les réalités du marché de l’emploi, à se constituer un réseau et à savoir valoriser son profil en retravaillant son cv, sa lettre de motivation et sa présentation lors d’un entretien d’embauche. Au fur et à mesure des échanges, une relation de confiance, voire amicale, s’établit entre les deux personnes leur apportant ainsi un enrichissement réciproque.

Si le filleul n’a pas trouvé d’emploi au bout d’une année (durée de son inscription à NQT), il est libre de quitter le dispositif ou de se réinscrire pour continuer avec le même parrain ou un autre s’il le souhaite.

Pour Yazid Chir la recette du succès de la formule provient aussi du « potentiel de ces jeunes diplômés ». « Tous les jeunes qui rentrent dans le dispositif sont des pépites ; ils ont une telle expérience de la vie ; ce sont des battants qui ont une énorme volonté de réussir. Et c’est justement ce type de profils que recherchent les entreprises! » ajoute-t-il.

L’implication des parrains, vecteur essentiel de réussite
L’association Nos Quartiers ont des Talents n’existerait pas sans les parrains. Pour maintenir leur motivation et pour « professionnaliser » la mission des parrains, l’association vient de créer un réseau social qui les regroupe. Cet outil, permet aux parrains d’échanger leurs expériences avec d’autres parrains faisant partie d’une même entreprise ou pas. Selon Yazid Chir « Ce réseau sera étendu aux jeunes diplômés pour qu’ils puissent poursuivre les relations avec les parrains.

Prochains défis : couvrir le territoire national
Les prochains défis de NQT sont de couvrir le territoire nationale et d’incorporer 20 000 jeunes tous les ans d’ici 2015. Dès lors l’association se lance à la recherche de parrains.

Quant au défi personnel de Yazid Chir, il tient plus du changement de mentalité : « Qu’on ne parle plus de « diversité » mais plutôt « d’égalité des chances » qui paraît plus être un prolongement de nos valeurs républicaines. La notion de diversité met trop l’accent sur l’idée de communautarisme ».

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