>> Acteurs durables
01
2012
Les recettes du succès de Nos Quartiers ont des Talents
Le 14 et 15 décembre dernier, l’association Nos quartiers ont des Talents (NQT) a soufflé sa sixième bougie. NQT est une association qui aide les jeunes diplômés issus de quartiers populaires à trouver un emploi. Depuis sa création, elle a intégré 10 760 jeunes dans le dispositif, dont 75% ont trouvé un emploi à la hauteur de leur qualification. NQT est un catalyseur qui permet aux jeunes d’avoir « 10 fois plus de chances de trouver un emploi ». Cette année, 3 600 jeunes sont dans le dispositif pour 3 000 parrains.
Les jeunes de quartiers ont cinq fois moins de chance d’obtenir un entretien d’embauche
L’association est née de la rencontre entre Yazid Chir (Président de Néocles) et Reynald Rimbault. Ces derniers, membres du MEDEF 93 Ouest, ont constaté que la Seine-Saint-Denis était vectrice d’un boom économique et que, paradoxalement, il y avait peu de recrutement local. Yazid Chir se souvient « qu’à l’époque où nous voulions créer NQT, l’Observatoire sur la discrimination avait sorti une étude qui stipulait que les jeunes résidents de Seine-Saint-Denis avaient cinq fois de moins de chance, par rapport à la moyenne nationale, d’avoir un entretien d’embauche ».
C’est en essayant de comprendre ce constat que les deux fondateurs ont senti la nécessité de créer une association capable de « tordre les préjugés » : d’une part, déconstruire les idées négatives qui peuvent subsister parmi certaines entreprises sur ce territoire et, d’autre part, aider les jeunes diplômés à gagner confiance en eux tout en apprenant à s’intégrer dans le monde de l’entreprise.
Le succès réside dans la prise en charge du jeune diplômé par un parrain
L’originalité de Nos Quartiers ont des Talents est qu’elle « génère des rencontres qui n’auraient pas lieu », comme nous l’explique Yazid Chir car NQT propose aux entreprises de mobiliser leurs collaborateurs pour qu’ils accompagnent les jeunes diplômés dans leur recherche d’emploi. [Lire la suite →]
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janvier 13, 2012
10
2011
Caroline Tasse : Le développement durable aux Emirats arabes unis doit aussi être l’affaire des expatriés
En accueillant l’IRENA (Institut international pour les énergies renouvelables) et en menant des projets tels que Masdar (ville utilisant les énergies renouvelables), les Emirats arabes unis démontrent leur volonté de s’attacher aux problématiques du développement durable. Mais qu’en est-il dans la réalité ? Existe-t-il une volonté politique ? Quelles sont les actions qui y sont menées ?
Pour avoir une vision concrète de l’état du développement durable aux Emirats, Graine de Sésame s’est adressé à Caroline Tasse, jeune française qui vit aux Emirats depuis trois ans, et qui ne compte pas repartir de si tôt. Membre du French Business Council de Dubaï et des Emirats du Nord, elle est en charge du développement de l’activité moyen-orientale de  Vectuel, PME française spécialisée dans les technologies de la 3D au service de la gestion du territoire.
Passionnée par le Moyen-Orient et en alerte sur les causes environnementales, elle nous livre son point de vue sur la prise en considération du développement durable de ce pays en pleine construction.
Graine de Sésame : Avant de vous rendre aux Emirats arabes unis, quel était votre degré de sensibilisation au développement durable ?
Caroline Tasse : Depuis toute petite, mes parents m’ont sensibilisée à l’approche environnementale du développement durable et plus particulièrement aux économies d’énergie et d’eau, et cela par de petits gestes quotidiens : fermer le robinet quand on se lave les dents, éteindre systématiquement les lumières. En outre, étant originaire du Jura et ancienne scout, je suis sensible à la protection de la nature. Aussi, j’ai pris l’habitude de trier mes déchets… C’est devenu une telle habitude pour moi, que je le pratique même aux Emirats, qui ne comptent pas encore de filière de recyclage de déchets.
GdS : Quelle est votre appréciation sur l’état du développement durable aux Emirats arabes unis ?
Caroline Tasse : Une prise de conscience existe de la part des Emiriens ; la nature étant précieuse pour cette population originairement bédouine. Dans ce sens, beaucoup d’actions sont engagées pour la protéger. Des agences gouvernementales de protection de l’environnement travaille activement à la promotion et la protection du désert (par exemple dans l’Emirat d’Abu Dhabi : Al Ain et Al Gharbia) et du littoral (comme dans l’Emirat de Fujaïrah). Des projets sont également entrepris pour encourager le développement des énergies nouvelles. Le plus emblématique est le projet Masdar, qui a pour but de créer une silicon valley des énergies renouvelables mais il subit des ralentissements depuis la crise financière. Cette dernière joue également un rôle dans l’augmentation de la prise de conscience. Les projets immobiliers marquant le pas, les autorités s’intéressent à de nouvelles approches comme le green building. Encore très marketing, cette nouvelle politique devra encourager une amélioration de l’environnement émirien.
GdS : Comment les Emirats arabes unis parviennent-ils à allier le concept de développement durable avec celui de consumérisme?
Caroline Tasse : Jeune pays, les Emirats arabes unis fêtent cette année leurs  40 ans. Ils sont, depuis une vingtaine année, engagés dans un processus de développement et de diversification de leur économie. Connu pour être un haut lieu de la consommation, ce pays connaît les dérives liées à cette consommation : sur-climatisation, voitures sur-consommantes, quantité énorme d’emballage, sur-consommation des biens de grande consommation, etc. Des équilibres sont à trouver pour concilier les problématiques de développement durable et de comportements humains entraînant cette sur-consommation. Il est bien entendu qu’avec des températures approchant les 50° en été, il paraît difficile de ne pas utiliser la climatisation ou de ne pas acheter des bouteilles d’eau fraîches pour se déshydrater. Ce qui est certain est que l’évolution vers une consommation plus raisonnable et durable passe par un changement des comportements qui peut prendre plusieurs générations d’autant que nous sommes confrontés aux Emirats à une grande variété de culture.
GdS : Justement, un processus de sensibilisation a-t-il a été mis en place ?
Caroline Tasse : Oui, nous entendons par exemple des campagnes de sensibilisation à la radio : un message de sensibilisation incarné par la voix d’un enfant alertant son père sur le bienfait des éco-gestes. Ce type de sensibilisation doit faire partie d’une politique plus vague pour assurer son efficacité. Une chose qui m’impressionne ici est que la population ne se rend pas compte par exemple de la quantité de déchets qu’elle produit. D’autres actions ont également lieu sur des cibles bien précises notamment auprès des enfants.
GdS : Plus de 120 nationalités cohabitent aux Emirats et surtout à Dubaï ; le cosmopolitisme est-il un atout pour promouvoir le développement durable ?
Caroline Tasse : Pour être viable, le développement durable doit être l’affaire de l’ensemble de la population : les locaux comme les expatriés, qui constituent plus de 75 % de la population. Le challenge vient de la différence des standards de chaque culture et ainsi sensibiliser de façon générale cette population. Pour les ressortissants des pays occidentaux, les gestes environnementaux sont beaucoup plus assimilés, que ceux en provenance des pays en voie de développement où le développement durable ne représente pas une priorité. Je pense qu’un autre critère peut entrer en compte. La plupart de la population d’expatriés est de passage plus ou moins long aux Emirats. Du coup, il est intéressant de se poser la question de leur implication dans le développement durable de ce pays sachant qu’eux n’ont qu’une vision courte terme : seraient-ils plus sensibles à des éco-gestes dans leurs pays qu’aux Emirats ?
GdS : Quel est votre perception du futur ? Les Emirats sont-ils en bonne voie ?
Caroline Tasse : Je n’ai aucune raison de ne pas être optimiste pour le futur ; Les Emirats sont un jeune pays qui a grandi de façon très rapide et qui a encore beaucoup de choses à développer comme ce sujet; donc il faut être patient. L’approche à cette problématique se fait par l’être l’humain, et cela  prend du temps. Ce qu’il est important de garder à l’esprit est que les Emirats entament ce processus de changement et sont concernés par ces problématiques : des campagnes sont réalisées auprès des jeunes, on pense à développer les énergies renouvelables et valoriser les démarches de réduction de consommation d’énergie. Le développement durable ne se fera pas d’un seul coup, mais par ces petites réalisations concrètes. Mon opinion est que cette nouvelle politique est vitale et stratégique pour le pays si le pays veut garder son attractivité économique et de qualité de vie auprès du reste du monde.
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octobre 18, 2011
12
2010
Interview de Michel Lefèvre, Directeur de Carrefours pour l'Emploi
Le développement durable ne se limite pas à des considérations environnementales. Il appuie au contraire l’idée d’une prise en compte globale des enjeux de développement de notre société : enjeux environnementaux certes, mais aussi enjeux de cohésion sociale et d’économie responsable.
Parce que les piliers sociaux et économiques du développement durable sont souvent ignorés, ou moins valorisés, Graine de Sésame a choisi de mettre en lumière les actions de l’établissement d’utilité publique Carrefours pour l’Emploi, en donnant la parole à son directeur Michel Lefèvre.
Graine de Sésame : Pouvez-vous nous présenter Carrefours pour l’Emploi et son rôle dans la lutte contre le chômage ?
Michel Lefèvre : Carrefours pour l’Emploi est né il y a une vingtaine d’années de l’initiative d’un officier du conseil des armées et de professionnels des ressources humaines. Il s’agissait à l’origine de faciliter le reclassement des appelés du contingent et leur insertion sur le marché du travail.
La fin de la conscription a ouvert une nouvelle ère pour Carrefours pour l’Emploi, qui s’est lancée dans l’organisation d’événements grand public : ceux-ci font désormais référence, à l’image du forum « Paris pour l’Emploi ».
Lors de la première édition de Paris pour l’emploi, en 2003, pas moins de 25 000 candidats s’étaient rendus place de l’Hôtel de Ville pour rencontrer les recruteurs. En constatant le besoin indéniable auquel répondait le forum, la Ville de Paris a très vite décidé de renforcer son soutien à notre structure. Nous travaillons désormais de façon très étroite, et très complémentaire.
La reconnaissance de notre travail s’est également manifestée par l’obtention de la reconnaissance d’utilité publique. C’est symbolique, mais traduit la légitimité de notre action et de notre engagement aux côtés des demandeurs d’emploi et des entreprises.
Graine de Sésame : Quelles réponses innovantes apportez-vous pour favoriser une meilleure rencontre de l’offre et de la demande d’emploi ?
Michel Lefèvre : Les premières conditions d’une meilleure rencontre entre l’offre et la demande sont la préparation du candidat, et la définition des besoins de l’entreprise. Une fois dans nos forums, les demandeurs d’emploi ne sont plus des « visiteurs », mais des candidats : ils doivent avoir préparé leur visite en identifiant les offres d’emploi correspondant réellement à leurs profils. De même, les entreprises, appuyées par notre association, doivent avoir défini précisément les offres à pourvoir.
Ces deux conditions remplies, reste à offrir –et c’est aussi le rôle de notre association – un climat favorable à la rencontre entre candidats et recruteurs. Pour certains candidats, cependant, les codes de l’entretien ne sont pas très clairs ; nous leur proposons désormais un service de tutorial vidéo leur permettant de mieux appréhender le principe de l’entretien et l’attitude attendue du candidat.
Notre ambition, en organisant ces forums à Paris et en province, n’est pas de faire de l’événementiel. C’est de favoriser la rencontre du bon candidat avec le bon recruteur ; deux types de données nous permettent d’évaluer nos résultats et de faire évoluer notre action : la satisfaction du public et des entreprises d’une part, le nombre d’emplois effectivement pourvus suite à nos événements d’autre part.
Graine de Sésame : Que nous apprennent ces chiffres ?
Michel Lefèvre : Une personne sur 10 est recrutée suite à sa visite sur l’un de nos forums. C’est un bon résultat. Accompagnés par TNS-SOFRES, nous menons cette démarche d’évaluation de nos résultats grâce à une enquête de satisfaction systématiquement réalisée à la sortie de nos événements, puis en appelant les candidats six mois après leur visite.
Si le taux de recrutement est bon sur nos forums, on apprend aussi grâce à ces analyses qu’un visiteur sur dix est venu sans CV. Visiteurs dilettantes ou personnes très éloignées de l’emploi, ce public n’est pas encore bien cerné.
Graine de Sésame : Carrefours pour l’Emploi met également en lumière des problématiques plus sensibles en matière d’emploi, comme celles du handicap, de la diversité, ou des seniors. Ces préoccupations trouvent-elles écho dans les politiques de recrutement des entreprises ?
Michel Lefèvre : Oui notre forum doit permettre de répondre aux demandes de tous les types de publics ; par exemple l’une des zones du forum « Paris pour l’Emploi » est dédiée aux travailleurs handicapés : cette offre d’emplois adaptés est essentielle, car les travailleurs handicapés ont souvent rencontré des difficultés d’accès à la formation ou à l’emploi au cours de leur parcours. Pour autant il est difficile de parler d’une « sensibilisation » du monde de l’entreprise à la question du handicap, dans la mesure où cette évolution a surtout été permise par la loi. Mais aujourd’hui les entreprises savent qu’elles peuvent venir à la rencontre de ces candidats en situation de handicap sur nos forums, et que leur rencontre sera facilitée, par exemple par la présence de traducteurs en langue des signes, etc.
A côté des grands événements comme Paris pour l’Emploi, nous avons également développé des forums thématiques comme le Forum Emploi des Séniors (Paris de l’expérience et de l’emploi des seniors), le Forum Paris de la Diversité et du premier emploi….
La prise en compte de tous les publics est donc au cœur de notre engagement, un engagement pragmatique qui doit également se calquer sur les besoins manifestés par les recruteurs. Parce que la progression de l’économie sociale et solidaire se reflète sur les besoins en matière d’emploi, nous avons mis en place un Village dédié au sein de notre dernier forum. Ce Village permet de donner visibilité aux nouveaux emplois créés dans ce secteur, qui constitue déjà , aujourd’hui, 10% de l’emploi total !
Pour en savoir plus: le site de Carrefours pour l’Emploi
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décembre 22, 2010
09
2010
Michel Legeay, Directeur technique et du développement de la SEMARDEL

Universitaire de formation, Michel Legeay a fait carrière au sein des Ministères de l’Industrie et de l’Environnement, avant de devenir Directeur du Centre National de Réception des Véhicules. Recruté en 2005 pour assurer la Direction Technique et du Développement du groupe SEMARDEL, il nous présente les ambitions de la SEMARDEL en matière de développement durable et nous fait partager son enthousiasme pour les nouvelles pistes à explorer en matière de gestion durable des déchets.
Graine de Sésame : La SEMARDEL entend devenir un modèle de référence dans la gestion durable des déchets : comment la stratégie de développement de la SEMARDEL intègre-t-elle cette ambition ?
Le bilan carbone, fil conducteur de la stratégie
Michel Legeay : Aujourd’hui, la SEMARDEL est déjà distinguée par la certification Qualité Sécurité Environnement de l’ensemble de ses activités. Pour demain, c’est sur la base de notre bilan carbone que nous avons défini tous nos projets de développement.La SEMARDEL vient de faire réaliser un bilan carbone afin de connaître précisément son empreinte et faire la part des principaux facteurs d’émission de gaz à effets de serre. Ce bilan carbone, parce qu’il intègre la variable temporelle, permet également d’avoir un aperçu anticipé de la façon dont notre empreinte va évoluer d’ici 2020.
Graine de Sésame : Que révèle le bilan carbone d’une entreprise comme la SEMARDEL ?
Les progrès réalisés devraient être exceptionnels
La communication des résultats de ce bilan carbone interviendra prochainement et sera accessible au public sur notre site. Pour l’instant, je peux juste vous dire que les progrès réalisés devraient être exceptionnels ! Le bilan carbone vient confirmer la pertinence de nos projets en cours de développement et légitimer notre ambition à être un « modèle de référence » en matière de gestion durable des déchets.
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septembre 2, 2010
08
2010
« Les entreprises industrielles se sont longtemps vécues comme des citadelles" – Hélène Valade, Lyonnaise des Eaux, volet 2/2

Graine de Sésame : Quelle place Lyonnaise des Eaux fait-elle au dialogue avec les autres acteurs de la gestion de l’eau ?
Le développement durable: un impératif d’ouverture
Hélène Valade : L’évolution de notre culture d’entreprise passe par l’ouverture. Les entreprises industrielles se sont longtemps vécues comme des citadelles, sûres de leurs savoir-faire. Aujourd’hui pour intégrer le développement durable, il faut croiser les points de vue et les compétences : celles des ingénieurs, des urbanistes, des élus et des citoyens…
Nous avons mis en place plusieurs outils participatifs qui appuient cette logique d’ouverture, à travers le programme Idées Neuves sur l’Eau. Citons par exemple le Forum. Présidé par Erik Orsenna, il réunit des experts qui planchent sur les grands enjeux de la ressource eau. Ils ont ainsi présenté le résultat de leurs réflexions sur le thème « prix et valeur de l’eau » dans un «Cahier de l’eau» qui sera publié sur la plateforme participative Idées Neuves sur l’eau .
Cette plateforme permet à tous les citoyens de participer à un exercice partagé de prospective sur l’eau : concrètement, ils postent sur le blog leurs «idées neuves» : ensuite soumises à l’analyse de nos services, elles peuvent, demain, donner lieu à de nouvelles expérimentations de Lyonnaise des Eaux.
Graine de Sésame : Quelle est la part des différents acteurs dans l’évolution vers une gestion plus durable de la ressource eau : Etat, collectivités, sociétés de distribution d’eau, citoyens ?
Impulsions et moteurs vers le Développement Durable
Hélène Valade : La réponse ne peut pas être manichéenne. Les collectivités sont moteurs, ne serait-ce que parce que les élus ont bien compris les attentes de plus en plus fortes de leurs électeurs en matière d’environnement (selon une étude 51% des électeurs ont voté lors des dernières municipales en fonction du programme environnemental du candidat). L’impulsion législative a également été cruciale avec les Grenelle I et II.
Mais les objectifs des collectivités dépendent aussi de la capacité de Lyonnaise des Eaux à proposer des solutions respectueuses de l’environnement. A nous de nous positionner en stratégie d’offre, c’est là que la capacité d’entrainement de Lyonnaise des Eaux pourra se vérifier. [Lire la suite →]
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août 20, 2010
08
2010
Hélène Valade, Lyonnaise des Eaux, volet 1/2 : « Le développement durable, une transformation culturelle de l’organisation »

Hélène Valade est directrice du développement durable de Lyonnaise des Eaux depuis 2005. Pour elle le développement durable est avant tout un changement culturel à faciliter au sein de l’organisation : valorisation de la prévention, passage d’une logique quantitative à une logique qualitative, dialogue et coopération avec tous les acteurs de la gestion de l’eau.
Graine de Sésame : Comment êtes-vous venue au développement durable et à ce poste de directrice du développement durable de Lyonnaise des Eaux ?
Rencontre entre une tendance de société et une volonté d’engagement
Hélène Valade : Je suis arrivée comme Directrice chez Lyonnaise des Eaux en 2005, après un parcours plutôt atypique. En effet j’exerçais alors des fonctions de direction au sein de l’IFOP puis de TNS- SOFRES, au sein des départements Politique et Opinion publique.
C’est dans les études menées à l’époque que j’ai assisté à l’apparition et à la progression d’une nouvelle tendance chez les Français : tendance à rechercher un modèle de développement différent, aspiration à trouver une alternative au modèle de développement actuel.
L’alchimie entre cette tendance émergente et mes convictions personnelles m’a menée à créer, dès 1999, l’Observatoire Français et Développement Durable. En 2005 j’ai choisi de passer à l’action en répondant à l’offre de Lyonnaise des Eaux, qui créait sa première direction du Développement Durable.
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août 19, 2010
06
2010
Christine Grèzes, Bouygues Construction, « Plusieurs actions ont été mises en place pour impliquer nos collaborateurs »
Depuis 2007, Christine Grèzes est à la tête de la direction développement durable de Bouygues Construction. Elle s’est employée à instaurer au sein des différents métiers de Bouygues Construction une dynamique de groupe en faveur du développement durable.
Graine de Sésame : Quelles ont été vos motivations premières pour accepter ce type de responsabilité ?
Christine Grèzes : Lors de ma prise de fonction, le développement durable ne m’était pas tout à fait étranger. J’ai débuté ma carrière en tant que consultante, avec une spécialisation dans la conduite du changement. Ensuite, j’ai intégré la direction de la communication de Saur dans laquelle j’ai travaillé sur la valorisation de sa politique de développement durable. Après cette expérience, j’ai rejoint Bouygues Construction. J’ai participé à la conception de la démarche de développement durable de Bouygues Construction pendant toute l’année 2006. A l’issue de cette réflexion, Yves Gabriel (P-DG de Bouygues Construction) m’a proposé de prendre en charge la Direction du Développement durable…
Vous animez un Comité Développement durable Bouygues Construction. Quel est l’objectif de ce Comité ?
L’objectif de ce Comité est de coordonner la démarche « Actitudes », notre programme Développement durable. Il réunit les responsables développement durable de nos principales fonctions support et entités opérationnelles. Le Comité impulse une dynamique sur un certain nombre de sujets transverses et favorise le partage des bonnes pratiques. Au départ, nous nous réunissions tous les mois, maintenant nous nous rencontrons tous les deux mois.
Outre ce Comité, nous avons constitué un réseau d’une centaine de correspondants développement durable. Chaque filiale a nommé ses correspondants, généralement des ingénieurs QSE, des responsables techniques ou encore RH. Pour les former, nous avons conçu un cycle d’apprentissage de six jours sur la construction durable, les aspects sociaux du développement durable et sur la conduite du changement. Aujourd’hui, nous finalisons un référentiel des missions et compétences des correspondants développement durable pour mieux asseoir leur mission.
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juin 9, 2010
05
2010
Ibrahim el Ali, Président de la Fondation BlueGreen : « Les pays du Sud doivent cesser d’être attentistes »
Ibrahim el Ali est un Libanais né au Sénégal et vivant en France. Il y a quatre ans, il délaisse sa société d’import/export pour se consacrer à la préservation de la nature en Afrique et sur le pourtour méditerranéen. Citoyen du monde, il est souvent invité par les organisations internationales et les médias pour livrer son regard d’homme de terrain.
Graine de Sésame : Qu’est-ce qui vous a poussé à abandonner votre carrière d’homme d’affaires pour vous consacrer aux causes environnementales ?
Ibrahim el Ali : Avant de me consacrer à mes associations, j’étais dans l’import/export de produits alimentaires à Rungis. J’ai commencé à m’intéresser à l’écologie lorsque je rendais visite à mon grand frère, Haidar el Ali, au Sénégal. A ses côtés, j’ai participé à des actions visant à protéger la biodiversité africaine. Une fois rentré en France, je retrouvais mes habitudes. Puis, il y a eu le décès de ma mère. Je suis parti au Liban pour l’enterrer et j’ai redécouvert mon pays. Le Liban est un pays riche d’une biodiversité menacée par les conflits, son urbanisme et son agriculture intensive. Je devais réagir à ma façon. J’ai créé ma première association Mawassen Khair (moisson de la bienfaisance). Avec des petits moyens, je mène des actions de protection de la nature.
Quels étaient les moyens financiers, humains dont vous disposiez pour réaliser vos projets?
Ibrahim el Ali : L’ONG Mawassen Khair prouve que la protection de l’environnement est une question de volonté et non de moyens. Mawassen Khair est constituée d’une petite équipe de vingt personnes. Après le conflit de juillet 2006, nous avons participé, avec la FINUL, au déminage de 4 000 bombes en sept mois. Le procédé était simple. Nous avons impliqué les chefs religieux pour qu’ils demandent aux habitants des villes du Sud de nous prévenir s’ils voyaient un obus pour le désamorcer. Ensuite, nous avons reboisé les zones pour reconstituer un écosystème. Cela nous a coûté peu d’argent, car nous avons impliqué tous les acteurs de la société. Les actions environnementales doivent obéir au mouvement du haut vers le bas et du bas vers le haut. Ce qui veut dire que les actions ou les initiatives doivent être issus des acteurs publics et des citoyens.
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mai 21, 2010
04
2010
Interview de Jean-Pierre Sicard, directeur général délégué de CDC Climat

Impliqué depuis 15 ans dans la réflexion sur le changement climatique, la Caisse des Dépôts aborde cette année un tournant avec la création de CDC Climat. Cette nouvelle filiale devrait permettre à la Caisse des Dépôts de devenir un acteur international de la lutte contre le réchauffement climatique.
Graine de Sésame: La Caisse des Dépôts a récemment lancé CDC Climat, dont vous êtes directeur général délégué. Quelles ont été les motivations pour la création de cette filiale ?
Jean-Pierre Sicard: La Caisse des Dépôts a décidé de passer à une nouvelle étape stratégique pour son activité de lutte contre le changement climatique. Nous incubons des activités depuis plusieurs années et pensons désormais qu’il est temps de donner une identité à ces activités, en créant une filiale dédiée.
Quelles seront les activités de CDC Climat ?
Jean-Pierre Sicard: Nous intervenons dans 3 domaines :
- Tout d’abord, les services aux marchés du carbone. Il s’agit d’investir dans tout ce qui est nécessaire aux opérateurs et aux Etats pour que ces marchés, qui sont des outils de politique publique, se développent dans la sécurité et la transparence : bourses, registres, systèmes d’échange et de conservation d’actifs carbone. On a déjà développé un certain nombre de choses. Nous sommes actionnaires de BlueNext, qui est la bourse européenne du carbone. Aujourd’hui, les enjeux sont internationaux. CDC Climat, avec ses partenaires, compte saisir les opportunités ouvertes par la création de politiques climatiques dans différentes parties du monde.
- Ensuite, nous sommes investisseurs dans les actifs carbone. [Lire la suite →]
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avril 28, 2010
04
2010
Interview de Geneviève Férone, Directrice Développement durable, Veolia Environnement
Depuis 2008, Geneviève Férone est Directrice Développement durable de Veolia Environnement. Après ses études en Droit international, Geneviève Férone a intégré les Nations Unies pour traiter de sujets liés à l’environnement, l’énergie et les droits de l’homme. Après cette expérience, Geneviève Férone s’est orientée dans l’investissement socialement responsable, et a créé ARESE, la première agence française de notation ISR.
Dans son livre 2030 : Le Krach écologique, Geneviève Férone dresse un constat sur notre société et les enjeux de demain. Le changement climatique, la crise énergétique, la croissance démographique atteindront leur paroxysme en 2030 avec de grandes conséquences dans les modes de vie futures.
Graine de Sésame : Deux années se sont écoulées depuis la parution de votre livre,  Au jour d’aujourd’hui après le Grenelle de l’Environnement et Copenhague, avez-vous le même constat ou avez-vous noté des améliorations?
Geneviève Férone: En deux ans, les choses n’ont pas changé. Néanmoins, il y a eu une amélioration fragile sur la prise de conscience de l’opinion publique.
GdS: Vous dites « Fragile », est-ce à cause du semi-échec de Copenhague ?
Geneviève Férone: L’objectif de Copenhague était que tous les Etats s’entendent sur le seuil de tolérance des deux degrés d’augmentation globale. Les Etats devaient agir et s’accorder pour parvenir à ce résultat. C’est la première fois que nous avions une telle participation des chefs d’Etats. Nous avons dramatisé l’événement, en partie à cause de sa sur-médiatisation. Copenhague s’est transformé en une sorte de télé réalité. Avant, pendant et après le Sommet, les médias faisaient le point quotidiennement.  Les médias ont eu un rôle dangereux. Ils ont amplifié l’attente. Ils ont créé, indirectement, un climat de tension. Cette couverture médiatique est assez nouvelle en termes d’images et de résultats. Par ricochet, cette sur-médiatisation a permis la résurgence des messages climato-sceptiques.
Dans votre livre, vous dites que nous sommes schizophrènes, que nous savons qu’il y a danger mais nous n’y prêtons pas assez attention. Est-ce encore le cas aujourd’hui ?
Geneviève Férone: Effectivement, nous sommes toujours. [Lire la suite →]
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avril 7, 2010

















